Aéroport international, Bangladesh
Dans l’article précédent, on vous avait abandonné à la sortie de l’aéroport. Un vent de poussière nous fouettait, une odeur étrange nous faisait grimacer et on s’inquiétait à l’idée d’affronter le Bangladesh...
Dhaka, Bangladesh, suite...
Au beau milieu de la nuit, comme deux chiens errants la queue entre les pattes, on se jette sur le premier taxi. Une étrange vision du Myanmar me revient quand j’aperçois la bombonne de propane à l’intérieur du taxi… On saute aussi sur le premier hôtel que le chauffeur nous offre. Y’est tard, on n’a pas envie de se casser la tête. Dans notre chambre bien modeste, épuisés par le stress, on tombe endormi jusqu’en après-midi.
Au réveil, vous auriez tellement ris si vous nous aviez vu tourné en rond et tout faire pour ne pas sortir afin d’affronter les Moustaches. Anik prend une douche, puis une deuxième sous prétexte qu’il fait chaud. Je simule une sieste. Jetant un coup d’œil par la fenêtre, figée, Poutinette m’invite à assister au spectacle :
- Viens… voir… ça…
- … , la bouche grande ouverte, je suis sans mot. Étourdi, je regarde la scène.
Dès notre toute première journée, sans le savoir, on s’est aventuré dans le slum (ghetto) de Dhaka. Étrangement, comme deux brebis égarées, on s’est fait inviter à la prière et pour souper dans un monastère Chrétien tout juste à côté d’un des dispensaires (maisons de charité) de Mère Thérèsa.
Ensuite, tombés sous le charme de leurs premiers occidentaux à vie, les employés de l’hôtel où on logeait nous ont pris en tutelle pendant dix jours. Ils nous ont appris le Bengali, les rudiments du Bangladesh, comment manger avec nos mains, etc. Enfin prêt, on est partit.
| La photo est flou. Il faut leur pardonner, ils n'ont pas l'habitude avec les kodaks... |
Encore une fois, maudit que l’on s’inquiétait pour rien ! Pourquoi l’Homme a si peur de l’inconnu et des inconnus ?! Voilà déjà trois semaines que nous trottons sur le pouce à travers le Bangladesh. On a encore nos deux bras, nos deux jambes, ma blonde ses deux tét*** mous et moi ma tête dure.
C’est évident qu’en venant ici on s’attendait à perdre nos repères et à faire face aux changements. Ce fut un choc. Un bon choc. Tout compte fait, c’est différent en tabar&#*$% ! Voilà pourquoi cette fois-ci, au lieu de vous raconter des histoires abracadabrantes, on a choisi de vous faire part de toutes ces petites choses qui déstabilisent au quotidien. Alors, voici nos petites anecdotes notées au calepin :
Au calepin :
Il y a quelques jours, dans une ruelle, une coquerelle courait après un rat. Elles abondent tellement qu’on en retrouve aussi sur les murs et les tables des restaurants. Elles vont même jusqu’à nous rendre visite la nuit dans notre lit. Bizarrement, surtout sur Anik…
Au milieu de la nuit, je me réveille en sueur. Dans mon rêve, je portais la moustache…
Une chambre d’hôtel sur deux a des punaises. On touche du bois, parce que jusqu'à maintenant, aucune n’a pris refuge dans nos sacs. Truc : je transporte en permanence une cannette d’anti-bébittes ''Raid''…
| Mission : Anti punaise... ''À l'attaque !!'' |
On s’arrête pour boire une gorgée d’eau. Attroupement : 5 personnes…
L’autre nuit, à la vue des draps souillés et croûtés avec des oreillers qui puaient la ''tête sale'', on demande à l’employé de changer le tout. Étonné, il répond : ''Pourquoi? ''. Ok! On doit être dédaigneux…
Quelqu’un nous salue et nous serre la main. Attroupement : 11 personnes…
| Comptez-les vous même ! (si vous double-cliquez sur la photo, elle grossit) |
Dans les restaurants, on ne lave pas la vaisselle, on la rince. Je l’ai vu de mes yeux vus à plusieurs reprises ! Tu demandes un thé, pas de problème. Le serveur prend la tasse de la table d’à côté, la rince et il te verse ton thé…
Les tables sont lavées avec des guenilles qui traînent en permanence par terre. Si vous pouviez voir les planchers…
Mais manger avec sa main gauche, nenon. ÇA !! C’est malpropre…
On pose une question, on sort une map. Attroupement : 10 ''tit joe connaissants''…
Un employé de l’hôtel est tout surpris de savoir que nous mangeons au maximum 2 fois par jour. On se sent mal un peu. On se dit qu’il doit manger moins que nous, car on sait que lui gagne 300 Taka/jour (environ 4 CAN$/jour). Fier, il répond qu’un Bangladeshi moyen mange au minimum 4 fois par jour…
A) les égouts;
B) les poubelles;
C) le diesel;
D) l’urine et la marde;
E) la fumée de feu de poubelles;
F) le ''swing'';
G) Toutes ces réponses sont bonnes...
| Shit, j'ai oublié de barrer la porte |
Le chroniqueur Bruno Blanchet a déjà dit qu’au Bangladesh il n’y a pas de porte. Naïf, je l’ai pris au sens propre du terme, mais j’aurais dut me douter que c’était au sens figuré… Que tu sois sous la douche, que tu te changes ou qu’il soit une heure du matin; ils entrent sans frapper…
On prend une photo au marché. Attroupement :
15 personnes…
Où sont les femmes ? Elles ne sont pas dans les rues ni dans les marchés ni dans les restaurants. Même les métiers typiquement associés aux femmes sont occupés par des hommes : coiffeuses, caissières, serveuses, vendeuses dans les marchés, etc. Parfois, en marchant dans les rues on doit s’arrêter et reprendre notre souffle tellement c’est surpeuplé, imaginez si les femmes y étaient…
Pour faire une image claire de cette surpopulation. Au Canada 34 millions de personnes. Au Québec 8 millions de personnes. Au Bangladesh, prenez la région des Laurentides et de Lanaudières et mettez-y 159 millions de personnes…
Aujourd’hui, un garçon nous a suivi sur environ 2 kilomètres juste pour nous observer. Il apparaît sur trois de nos photos prises ce jour-là. Les bangladais devront définitivement améliorer leur subtilité...
Ce serait trop long vous expliquer ce que l’on faisait là, mais danser dans une piscine à vagues. Attroupement : la piscine au complet…
Le Bangladesh ce n'est pas un pays, c'est une famille de 159 millions de membres…
| 1... 2... 3... 4 moustaches ! |
Le gars de l’hôtel m’a demandé pourquoi je portais la barbe. Selon lui, je serais bien plus beau si je portais la moustache. J’y songe…
Une fois, on appelle au restaurant de l’hôtel et on pose la question suivante : ''À quelle heure votre restaurant ferme-t-il ?'' Le serveur de répondre : ''1 heure 11 !''. Je raccroche tranquillement et je me mets à saigner du nez…
Bon, je m’en voudrais de vous laisser sur ces anecdotes qui peuvent sembler négatives. On est très loin de se plaindre. Ce ne sont que des exemples qui, tous les jours, nous apportent rires et faits cocasses. Ok, c’est sale, bruyant, puant et pollué. Par contre, c’est le peuple le plus accueillant et aidant que nous avons eu la chance de visiter. Je sais qu’on a déjà dit ça pour le Laos et le Myanmar, mais ils tombent maintenant bon 2e et 3e. Au moment où on écrit ce texte, notre collection de cartes d’affaire s’élève à 26 et c’est sans compter toutes les invitations quotidiennes à souper, à prendre le thé ou à coucher. C’est cool le Bangladesh. Un pays non pas à visiter, mais à rencontrer.
Bon, on doit vous laisser, quelqu’un vient d’entrer dans la chambre…
Cul par-dessus tête,
Anik et Mathieu
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