Darjeeling, West Bengale, Nord-est
de l’Inde
Après deux heures et seulement 15 kilomètres de
faits, on saisit son dandinement… Maudit dandinement. On avait oublié que dans
le mot Himalaya, il y avait le mot… Himalaya! On avance lentement et
difficilement sur les routes en serpentins, mais le spectacle des montagnes en
vaut la peine et la motivation tient la route.
Après notre première semaine à vélo, on a atteint
notre premier objectif : le pied de l’Himalaya. Ici, à Darjeeling, à environ
une centaine de kilomètres du Népal, du Bhoutan et du Tibet, c’est l’hiver
(comme vous mes amis) et on se les gèle !!
Cette petite ville coloniale
anglaise de 109 000 habitants (les petites villes n’existent pas en Inde…)
est construite à 2135 mètres d’altitude sur les deux versants abruptes d’une
montagne. On oublie rapidement le froid, car les paysages sont superbes.
Charmants. Magnifiques. À couper le souffle! Les velours verts des plantations de
thé font la guerre aux sommets blancs enneigés Himalayens. La bataille est
spectaculaire. Quelques singes dodus courageux peuplent les arbres gigantesques
des montagnes.
Enchantés par la brume montagneuse, les gongs des Gompas
(temples bouddhistes) résonnent dans les vallées. La cacophonie poussiéreuse
propre à l’Inde est restée au niveau de la mer pour faire place à l’air pur et
au calme. Après le Bangladesh à pied et cette semaine à vélo en Inde, on en
avait grandement besoin pour rincer nos poumons.
Les influences Tibétaines et
Népalaises se font facilement sentir. Les habitants aux visages larges et aux
yeux bridés ont une peau de cuir durcie par l’altitude et le froid. Les drapeaux
multicolores imprimés de prières bouddhistes battants au vent
sont les seuls à ne pas être figés par le froid.
Nous, on loge dans le grenier d’une sympathique
petite famille pour la modique somme de 4$ la nuit. C’est superbement
rudimentaire. Des chandelles pour parer aux multiples pannes de courant, des
tonnes de couvertures pour compenser l’absence de chauffage et des sots d’eau
bouillie par le feu en guise de douche chaude. Disons que c’est sans difficulté
que l’on déconnecte de ''notre'' monde. Par la fenêtre, on aperçoit le
troisième plus haut sommet du monde, le Lhotse (8501m).
Des vieillards,
dégustant leur chaï (thé) sur un banc
de bois, nous disaient que quand la brume, maîtresse des montagnes, se sent clémente,
elle laisse parfois percevoir l’Everest, là où le soleil se couche. Je sais que
je me répète, mais (désolé pour les oreilles sensibles!) host%# de cali%#$ que
c’est beau. Je vous laisse juger par vous-même…
Par contre, ce moment zen montagneux fut précédé
d’un moment de vélo assez fort intense en adrénaline.
C’était par un petit matin frais que l’on
appréhendait la dernière journée de notre première étape. Le genre de
matinée où tu peux passer cinq minutes devant tes shorts et tes pantalons sans vraiment
savoir lequel serait idéal pour la température; le genre de matin que tu te
reprends à deux ou trois reprises pour vérifier si c’est vraiment de la steam qui sort de ta bouche ou même le
genre de matin que… En tout cas, vous avez compris là! La veille, par mesure de
précaution, j’avais demandé à un vieillard si c’était réaliste d’affronter ce
parcours abrupt. Sa réponse; un hochement de tête gauche droite tel un bubble head. Ces Indiens ont se
dandinement de tête qui vous laisse toujours perplexe. Voulait-il dire oui…
peut-être… ou non, gang de malade?!
Le lendemain, gonflé à bloc, on prend la réponse
qui nous convient et on part.
Jusqu’à ce que cette charmante paysanne
ait pitié de nous et nous informe que :
- Youbadi bada acha belle route d’asphalte…
Takalidadi bacha tremblement de terre
dayadi baboum!!! Teli kachaya capoute la route…
- On fait quoi nous autres d’abord ?! dit Anik.
- Dagadi vieille route secondaire, achapi badi
laki… Hahahaha !!! s’esclaffe-t-elle en dandinant de la tête.
Ça fait cinq minutes que l’on escalade la route à
côté de nos vélos sans même donner un coup de pédale. On s’ennuie vite de la
belle chaussée asphaltée. Il faut se rendre à l’évidence, ce chemin de merde
n’est aucunement cyclable! Il va falloir prendre un des nombreux jeeps qui circulent
depuis ce matin.
Un jeep s'arrête. Le conducteur a pitié de nous, mais
nous fait signe qu’il est plein. Croyez-moi il est plein! On n’a pas le temps
de compter, mais à voir les visages écrasés dans les fenêtres, on le croit. Il
repart désolé et s’immobilise à peine dix mètres plus loin. Un passager descend
et nous invite finalement à embarquer. Abasourdi et hésitant à la fois, on
saisi… la chance. Sans avoir le temps de les remercier. Vlim! Vlam! Bing! Bang!
Nos vélos et nos bagages sont déjà sur le toit du véhicule. Ça, c’est la magie
indienne mes amis… Il n’y a pas moyen d’essayer de les aider à placer NOS vélos
sur le toit.
| - No, no, no my friends, you are my guests! |
Assis dans le… non! Compressés dans le jeep, je
prends le temps de compter les sardines.
1… 2… 3… 8… 11… 13… 14 passagers. Je le jure sur la tête de Paul
Houde, quatorze passagers!!! Poutinette et moi sommes empoutinés à l’arrière du
jeep avec trois autres sardines. On passe d’inconnus à vraiment proche. Un
bébé est assis sur les genoux de sa petite sœur qui elle est assise sur ceux de
sa mère. Pis encore, (je le jure sur la tête de Stephen Harper…) un grand-père semi
lucide est allongé sur les genoux de tout le monde. Le conducteur, lui, a la fesse droite
dans le vide entre la portière et sa banquette. Il doit ouvrir sa fenêtre pour
sortir son épaule et son bras qui tient le volant.
Route détruite par le temps,
véhicules venants à sens contraire sur une voie simple, tournants serrés à flan
de falaises et sans parler de la vitesse. Le type de conditions où j’aurais
baissé le volume de la radio et crié à mes passagers : ''Shut! Je dois me
concentrer…'', mais pas en Inde. Aucunement stressé, le chauffeur est au cellulaire
et demande au gamin qui a le bras de vitesse dans l’entrejambe de changer les
vitesses. Ce fut comme ça pendant trois heures et demie.
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Morale de l’histoire. La prochaine fois qu'on ouvrira une boîte de sardines, on sera beaucoup plus compatissant…
Anik et Mathieu
Hello les poutines! Ici ana, gaia et sergio en direct de jodhpur :-)
RépondreSupprimerOn a bcp pense a vous pendant le camel safari! On s'est dit que vous etiez des fous d'avoir fait 4 jours de chameau!!! 1 jour et demi a failli avoir raison de nous, on souffre encore des courbatures!!!
Aussi on se demande si vous avez reussi a decoler de Jaisalmer?! Ou bien si vous vous etes intalles definitivement chez le Michel Boujenah indien?
En tout cas c'etait unplaisir de vous rencontrer :-) bonne continuation!
Salut la gang de Belge,
SupprimerNous aussi on avait mal après une journée, mais tout est redevenu à la normal plus les jours avançaient. Ça pourrait peut-être expliquer les 4 jours!
Et non, nous sommes toujours à Jaisalmer, Le propriétaire nous offre même la chambre gratuitement pour nous garder le plus longtemps possible...
Merci d'avoir lu le blog, et si vous avez apprécié, le safari est maintenant publié! bonne fin de voyage.