2 poutines en Asie

2 poutines en Asie
Il était une fois Poutine et Poutinette...

lundi 2 mai 2011

Enfin des vacances!

Ha haaa! Vous revoilà ou… me revoilà? Tout dépend si je vous écris ou si vous me lisez… Et je sais que cela n’a aucun rapport avec le texte, mais pendant que je vous écris, je mange des anguilles et chauve-souris frites avec une tite bière. Désolé si vous déjeuniez, mais je tenais à vous en faire part!

La cuisine à Anik,
et non, je ne m'ennuyais pas de mon bureau au centre-ville...

Un adieu en pirogue... plus jamais!
De toute façon, comme le titre le dévoile, nous avons fini notre session de travail chez notre ami Pow et sa famille attachante. Malgré un horaire de 7h00 à 23h00 pendant 30 jours sans arrêt, c’est la première fois de toute ma carrière de travailleur, soit une douzaine d’année, que je suis triste de devoir quitter un emploi. Non pas que les dernières fois furent un party chaque fois je quittais, j’avais toujours une certaine déception de laisser derrière moi mes collègues et coéquipiers. Par contre, ici, on travaillait dans une famille qui employait pour la toute première fois. Ils nous ont accueillis les bras grands ouverts, je dirais même plus… déployés jusque derrière leur tête et ils ont eu de la difficulté à les rouvrir pour nous laisser repartir. Je dois avouer que ce fût réciproque. Ils n’arrêtaient pas de nous demander de rester une journée de plus.  D’un côté, il y a nous qui pour une durée indéterminée avions laissés derrière nous nos être chers : collègues, amis et surtout famille. Avec du recul, je crois qu’une coupure du genre a pour conséquence de nous rendre susceptible aux rapprochements. D’un autre côté, je soupçonne la famille de ne pas avoir complètement fait le deuil du décès de la mère qui était le pilier de l’entreprise familiale. Nous avons alors peut-être comblé l’instant d’un mois une petite partie du vide que la mère a laissé derrière elle, il y a maintenant deux ans. Cette importante perte plus le fait qu’ils n’aient jamais eu d’employé a eu aussi pour effet d’augmenter leur charge de travail et de ne jamais avoir de pause. Du moins, une journée de congé par année, ce n’est pas ce que j’appelle une pause! Notre présence leur permettaient, chacun leur tour, de participer à des fêtes et de sortir de leur routine, ce qu’ils n’avaient pas fait depuis longtemps. Donc, prenez tout ça, mélangez-le pendant un bon moment, ajoutez-y une île paradisiaque et un soupçon de complicité entre chacun et laissez cuire pendant un mois. Vous obtiendrez un départ assez émotif merci. En plus, le matin de ne départ, Pow est allé nous reconduire sur la terre ferme avec sa pirogue à moteur. À mettre dans le calepin : « Ne plus jamais faire d’adieu en pirogue! ». Quand on prend l’avion, on franchit une porte et pouf, on ne se voit plus. En auto, vroum vroum et les personnes délaissés rapetissent rapidement à l’horizon. Par contre, un canot est tellement lent comme embarcation que les « ba bye », les tatas et les larmes ne finissent jamais…

Un duo, deux copines
Poutinette va aussi grandement s’ennuyer de Pieng, la fille de Pow, avec qui elle cuisinait du matin au soir. Elle lui a appris tout ce qu’elle savait à propos de la nourriture laotienne.
Dans la cuisine comme dans la rivière, les deux s’amusaient comme deux petites filles. Je crois même que c’est elle qui va souffrir le plus de notre départ, car à 18 ans, maintenant 20 ans, elle n’a pas eu le choix de prendre le rôle que sa mère jouait. Je vous ai dit que nos journées commençaient à 7h00 et bien les siennes débutent toujours à 5h00.

Le meilleur des patrons, merci Pow!
De mon côté, Pow m’a fait confiance dès la première journée. Il me laissait gérer la terrasse de son resto-bar comme si c’était la mienne. Il m’a laissé faire le Dj, l’accueil des touristes pour les bungalows. Il pouvait nous laisser des journées entières pendant qu’Anik et moi gérions sa business. Même que certains touristes venaient parce qu’ils avaient entendu parler des deux canadiens sur Don Det! Merde que l’on a fait des belles rencontres sur cette terrasse. Je vais m’ennuyer des voyageurs qui parfois trop chaud oubliaient  la fin de leurs histoires de voyage, du style de vie laotien trop lent pour faire un burn-out, des temps morts qu’on remplissait en faisant de la plongée tuba dans le Mékong ou en jouant avec les enfants que je surnommais chaleureusement mes « p’tits tous-nus » (ils étaient nus 50% du temps), de faire fuir les buffles en frappant ma poitrine et en criant de façon primale comme m’avait montré le grand-père, d’avoir été nu pied, en bedaine et sans bobette pendant un mois… Je pense même que le matin de notre départ, j’ai entendu crier mes couilles à la vue de mes bobettes! Bref, on était libre et on travaillait en même temps, un sentiment que je n’avais jamais vécu auparavant…


À plus les p'tits tous nus!

Les buffles et la toilette à coquerelles.

Mais… MAIS! On ne s’ennuiera pas des déjeuners au riz collant accompagné de petits poissons entiers grillés et d’une sauce beaucoup trop épicée. De la petite sauce au pipi de porc ou celle aux intestins de poissons. Heuughh… La première fois que je l’ai essayée, j’ai fait rire la famille au grand complet. Premièrement, je pensais que les intestins étaient des petites nouilles et que je devais les manger comme accompagnement au lieu de simplement tremper mon riz légèrement dedans… Vous savez, on vide généralement les intestins de bœuf pour en faire de la saucisse, mais ceux des poissons sont beaucoup trop petits, alors on y laisse le petit caca dedans. Instantanément, ma bouche s’est inondée de salive comme quand on s’apprête à vomir, mes yeux pleins d’eau et ma face est devenue verte… caca. On ne s’ennuiera pas non plus de Sing, le plus jeune de la famille, qui trippait à ramasser les mannes (celles qui volent bêtement vers les sources de lumière) pour les faire frire comme accompagnement de repas, non plus de la gang de coquerelles qui squattaient la douche et des maudites fourmis rouges qui envahissent ton pied moindrement que tu es immobile plus d’une minute! Pour se venger, on en a fait frire, saler et manger comme snack d’après-midi. Bref, on mangeait super bien, mais une fois sur trois, c’était un peu… surprenant!


Un souper parfait, sans petite sauce bizarre...

















Pour finir, on avait vraiment hâte d’aller travailler chez Pow pour retrouver une certaine stabilité et de s’installer plus de trois jours au même endroit. Mais comme j’aime beaucoup trop le mouvement et qu’un voyageur ne fait toujours que passer… la séparation fait parti du quotidien. Ce fût toute une expérience de travail et aussi de vie, mais l’appel du large s’est fait sentir une fois de plus. Nous voilà donc repartis sur nos bécanes laissant encore des êtres chers derrière nous. Adieu Laos! Good morning Viêtnam!

Merci pour tout Pow
Sincèrement, Anik et Mathieu
-xx-


Ce n'est qu'un aurevoir, à l'an prochain Pow!



2 commentaires:

  1. Bonjour les poutines,

    Enfin, vous êtes là! Je vous trouve très coura-

    geux. J'envie votre environnement, mais non

    votre menu. Vous les êtes les meilleurs scrip-

    teurs descriptifs même avant Fred Pèlerin! Mais

    c'est mon coeur de mère qui parle. Je vous

    souhaite une belle continuation. Je vous embras-

    se; Maman, Jack, Jade, et Grizou XXXX

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  2. Mathieu et Anik: Vous avez un message!!!

    Bonjour, j'avais hâte que vous vous

    manifestiez.

    C'est tellement captivant de te lire.

    Ton style est très imagé. Tu es drôle. Mais

    quel dépaysement! Vous vivez des situations

    vraiment exceptionnelles et vous en profitez.

    Je vous envie et j'envie surtout votre

    jeunesse, votre audace.


    Bravo! Lâchez pas

    Gillienne G. XXXX

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