8h30 am. Station d'autobus, Chiang Mai...
Je suis dans une file d'attente, assis sur mon fidèle ami pack-sac. Anik et moi sommes prêts a partir pour Chiang Rai, une ville a la frontière du Laos... Adieu Chiang Mai. Il semble que notre autobus sera en retard, qui de toute évidence semble être une coutume bien pratiquée dans le système de transport thaï. Alors quoi de mieux que de vous écrire? Anik est partie acheter des trucs a manger pour le voyage. A ma droite, un thaï rockeur avec des souliers "converse" n'arrête pas de renifler. Visiblement, il ne connait pas les "kleenex". En face, le vendeur de billets sort sa tête de sa cabine a toutes les deux minutes pour crier des choses qui me sont incompréhensible. Surement qu'il crie: "Quelqu'un aurait des Kleenex pour se jeune homme!!". Mais ça me surprendrait. Comme on a décidé de prendre les autobus du peuple, ils n'ont pas l'habitude de voir des "falangs" (étrangers) attendre avec eux. J'écris donc avec une dizaine de regards dirigés vers mon crayon et moi. Je vais essayer de me concentrer...
Je vous avertis d'avance, dans cet article personne risque de mourir de la maladie, d'un accident de la route ou de toutes autres histoires décousues. On a plutot décidé de prendre ça relaxe cette semaine et de s'installer afin d'essayer de vivre a la thai. Alors belle-maman, tu peux arreter de retenir ton souffle.
Bon, comme je l'ai dit au début on s'apprête a quitter Chiang Mai et comme le titre l'indique, on est tombé en amour avec cette charmante ville universitaire des le moment ou on y a déposé les pieds. C'est très facile et vous vous seriez fait envouter, j'en suis certain. Parfaitement carrée (environ 2 km par 2 km), cette ville d'environ 700 ans est ceinturée par une rivière artificielle et de vestiges d'anciennes fortifications qui autrefois servaient a prévenir d'une possible invasion birmane. Si vous voulez une image, c'est un peu un genre de vieux Québec. Elle est parsemée de vieux bâtiments et de temples dorés avec comme décors: des montagnes. Les chauffeurs de taxi et de tuk-tuk y sont beaucoup moins insistants. Les commerçants y sont beaucoup plus sympathiques et moins agressifs avec les touristes qui eux sont coupés de moitié. On a donc décidé de s'y installer pour le temps restant de notre visa, soit une durée de 10 jours. On a trouvé une perle de chambre a louer dans la maison d'un couple âgé thaï. Cette chambre est vraiment ce qu'on a trouvé de mieux jusqu'à présent.
| Mon vélo avait un panier... et une clochette: "Ding! Ding!!!" |
| Anik fuyant la mélodie de ma clochette... |
De plus, on s'est loué deux vélos pour une semaine afin de visiter la ville. Je pense que l'on a jamais fait autant de vélo en une semaine. Par contre, le truc du vélo est a retenir pour les prochaines villes, car il nous a permis de visiter de fond en comble Chiang Mai. Des quartiers riches aux plus pauvres, de la montagne au centre-ville, des highways aux ruelles. Tout a été fait. Au grand malheur d'Anik, mon vélo était aussi muni d'une clochette. J'aime trop les clochettes: "Ding! Ding!". Je pense que j'ai salué, avec l'aide de ma clochette, tout ce qui pouvait être salué: les moines, les étudiants, les commerçants, les chats, les chiens, les coquerelles, les craques de trottoir...
Chiang Mai était aussi sur notre itinéraire, parce que l'on avait une rencontre de prévue avec un couple sexagénaire retraité québécois habitant Chiang Mai cinq mois par année depuis environ une dizaine d'année. Disons que l'on comprend pourquoi ils habitent cette ville depuis si longtemps. On a été mis en communication avec ce couple par l'entremise d'une amie qui les connait depuis plusieurs années. Merci Marie-Michele de nous avoir fait rencontrer, officiellement, les vieux les plus "cool" de toute notre vie. Je suis certain qu'ils ne seront pas vexés en lisant le mot "vieux", car ils ont le cœur jeune en ta&^$@#!. Merci Claude et Jacline pour cette soirée chaleureuse remplie de confidences, d'anecdotes de voyage, mais aussi pour le cheddar vieilli et le bon vin. Wow, j'ai encore le gout en bouche!
C'est dommage que l'on doive quitter notre nid a Chiang Mai, puisqu'on commençait a aimé notre petite routine. Les commerçants ambulants nous saluaient, on avait notre petit resto pour le café et déjeuner, notre petite madame pour le lavage, notre "chicken lady" et les places les moins cher pour la grosse bière. Bref, on s'y sentait bien, presque chez nous. J'ai aimé cette ville pour la même raison que j'aime Montréal: sa multiethnicité. Ici, cet aspect se traduit par la restauration. Il y a des restos indiens, libanais, italiens, birmans, mexicains... et même des fast-food américains dont un avec de la poutine pour les soirs de brosse! Une bonne excuse pour prendre une bière de trop le soir. Il y a aussi un Chinatown. Je pense que j'oublie rien? Heuu non... C'est vrai, il y a ce fameux irish pub qui diffuse en reprise une multitude de sports pour les backpackers en manque de leur sport favori. Ce qui était en effet mon cas pour le criquet... Hahaha!! Je blague, le hockey bien sur. Que dis-je? Le CH. La découverte de ce pub était tellement hasardeuse. Poutinette et moi jouions a notre jeu habituel qui consiste a marcher, marcher et encore marcher. Ensuite, Poutinette doit trouver le chemin du retour. Comme ma compagne de voyage est dotée d'un sens de l'orientation supérieur a la moyenne, il peut parfois être très long avant que l'on revienne a notre chambre. Par contre, se perdre sous la gouverne d'Anik permet de découvrir des petits bijoux d'endroits comme le irish pub. En voyant que la place diffusait des parties de hockey de temps a autre, Poutinette me dit:
- Comme on est ici pour un bout, tu devrais aller voir quand est le prochain match d'hockey.
- Pas fou, pas fou pantoute! en lui donnant une petite bine d'amour sur l'épaule.
En entrant, une jouissance soudaine me parcourt l'entre-jambe. La lumière produite par l'écran géant m'illumine comme celle de Dieu (petites voix d'anges: Haaaaaa). J'ai l'impression d'être rendu au paradis, suis-je mort? L'heure du jugement dernier est-elle arrivée? Parfois en voyage, je dirais même souvent, le hasard fait tellement bien les choses. Je suis certain que vous l'avez deviné, les Canadiens de Montréal affrontaient les Flyers de Philadelphie. Ils étaient en deuxième période et mon CH perdait 4-0. Ils ont finalement perdu le match 4-2. J'ai jamais été si content de voir mes glorieux perdre un match!
Ce soir la, dans une petite ville de la Thaïlande, en l'espace d'un moment, j'étais entouré par les trois choses qui peuvent rendre un homme heureux: une blonde qui l'aime, une pinte de bière froide et une game du Canadiens. J'ai été deux heures a être silencieux avec un sourire accroché aux lèvres. Je me suis permis une phrase que je n'ai cessé de dire a Compostelle:
- Ouin... LA VITA E BELLA!
Go Habs go!
Anik et Mathieu
Qui se dirige vers le Laos.
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