2 poutines en Asie

2 poutines en Asie
Il était une fois Poutine et Poutinette...

mercredi 16 février 2011

Bye Bye Thaïlande. Bing Bang Laos!

Ouf!!...
Je ne peux pas croire que je suis en train de vous écrire ce texte. Je suis tellement content là!! C’est la preuve que Poutinette et moi avons survécu à notre trajet d’autobus de dix heures. Vous me direz peut-être que c’est un standard en voyage. Je vous l’accorde volontiers, mais dix heures sur une route en serpentins dans les montagnes du Laos à monter et descendre, à tourner à 90 degrés à une vitesse que je n’aurais même pas fait moi-même en auto… Je pensais avoir tout vu au Pérou, mais l’Asie nous attend toujours dans le détour. Habituellement, on dort dans un night bus… pas cette fois-ci. J’en ai encore le shake ! Laissez-moi aller me chercher une grosse bière pour décompresser et je vous reviens…
… Burp !
… Haaa, froide en plus !

Ouais... 10 heures d'enfer là-dedans!
Bon, si vous voulez un comparatif, allez vous chercher un billet pour la Ronde. Faites la file pour le monstre, et une fois bien assis, demandez au gars du manège de l’arrêter après dix heures et de vous laissez une pause pipi à mi-chemin. M’étant préparé à votre scepticisme, voici ce que j’ai noté pendant LA pause pipi. Les poignées, habituellement installées à  l’arrière du dossier du banc d’en face, et bien, la moitié étaient arrachées. Il faut que les gens aient besoin de s’agripper en ta&@#$% pour en arriver là. Cette fois, une preuve plus cocasse. Un vieillard bien assis est tombé dans l’allée centrale après un tournant serre. Mon voisin d’en face qui a miraculeusement réussi à dormir, doit s’en être sorti avec une commotion cérébrale après s’être fracasse la tête dans la fenêtre au moins une dizaine de fois. La meilleure, après une heure de route, le chauffeur a distribué des sacs de plastique pour ceux qui en réclamaient un. Heureusement, ce ne sont pas tous les trajets qui sont comme ça.
… Ouin, la bière était bonne!


2 jours sur un bateau à voir défiler des paysages à couper le souffle .
Pour faire une histoire courte, ça fait une dizaine de jours que l’on a quitté la Thaïlande et atteint le Laos. On a descendu le Mékong pendant deux jours sur un slow boat avec une centaine de passagers (90% des voyageurs). Un trajet d’environ 350  kilomètres de Huay Xai à Luang Prabang, deuxième ville en importance au Laos. On l’a quittée après y être passé six belles journées mémorables avec un couple de Québécois (Jean alias Johnny et Jennifer) et Caroline une Française. Maintenant, encore un peu ébranlé par le trajet de bus de la mort, je vous écris de Vientiane, la capitale du Laos.

Anik... Heu... Luang Prabang vu d'un temple haut de 400 marches.
Vous vous souvenez, après avoir visité Chiang Mai à vélo, je vous avais dit que la méthode était à retenir pour les villes futures. Il nous a fallu attendre le lendemain de notre arrivée à Luang Prabang pour louer des bicyclettes munies d’une clochette, bien évidement. Alors, après une journée de visite à vélo bien remplie avec nos Québécois, l’heure de la bière se faisait ressentir. En se dirigeant vers le dépanneur qui vend la bière la moins chère en ville, on passe tout droit devant un beau vieux Wat (temple en thaï-Lao). Intrigué, Johnny nous appelle avec sa clochette : « Ding! Ding!! » et il nous cri :
  - On aurait-tu le temps de visiter celui-là vite vite?!
Avec l’accord de Poutinette et Jennifer, je réponds :
  - Ok, mais vite vite! Si on veut boire notre grosse frette devant le coucher du soleil!

En entendant les mots «vite vite», Poutinette ne se fait pas attendre et en moins de deux, elle me chalenge d’une course jusqu’au temple. Mon orgueil ne peut pas refuser cette invitation. «Ding! Ding!». Elle part. «Ding! Ding!». Je pars aussi. Voyant qu’elle est sur le point de gagner, je décide de pédaler debout. Ironiquement, Anik semble toujours bénie des dieux lorsqu’on joue a quelque chose l’un contre l’autre. Au moment où je viens pour la dépasser et gagner (je répète ici que je pédale en position debout)… mon guidon cède et ma chaine débarque (sti de velo made in china!). Flip par en avant, aussitôt démarre une valse avec le velo et là tout ce que je réussis à voir est le ciel, temple, asphalte, ciel, temple, asphalte… Une fois stable sur la bedaine en plein milieu de la rue, le genou, le coude et un orteil maganés, je pars à rire. Anik aussi… même plus que moi! Mon deuxième reflexe est de regarder le vélo avec le guidon fléchit, la roue avant courbée et le garde-boue brisé et de pleurnicher la voix tremblante:
  - Shit! ca va nous couter une beurrée, calvaire!

Johnny ressuscitant le vélo
Par chance, Johnny a ressuscité ma bicyclette juste assez pour que je puisse rouler jusqu’au Mékong pour la fameuse grosse bière et en rire un bon coup, surtout Anik…



Anik était tellement crampée derrière la caméra
Bizarrement, vous direz que je me suis occupé de mon vélo bien avant ma condition physique. Ce qui est encore plus bizarre, ce sont les touristes chinois témoins de mes acrobaties qui ont préférés me prendre en photo, gisant sur le sol, au lieu de me venir en aide. Ils méritent bien leur réputation de « kit kodak » ceux-là. Finalement, tout c’est bien terminé pour le bicycle. Notre cher M. Miyagi locateur de velo se sentait tellement mal de nous avoir refilé du matériel en mauvaise condition, qu’il m’a soigné en plus d’échanger mon vélo gratuitement. Faut dire que j’ai joué le gars plus blessé que blessé en affichant mon sang en arrivant chez lui. Désolé M. Miyagi…

C’est bien beau nos histoires de malchance au Laos, par contre il y a quand même un pays qui nous a hébergé un mois auparavant. On s’en voudrait d’élaborer sur le Laos sans tirer de conclusion sur le seul pays d’Asie à ne pas avoir été colonisé ou envahi. Voici un bref résumé sur ce que Poutinette et moi pensons de la Thaïlande. La Thaïlande c’est…
  - Un peuple souriant, ricaneur, mais toujours poli.
  - Le bon thaï food incluant leur fameux pad thaï.
  - L’odeur de diesel mélangée à celle de l’ail.
  - Epicé.
  - Les fruit shakes pour déjeuner…vous allez me manquer.
  - Le whiskey avant tout et partout pour tout le monde. Du travailleur au chômeur, du matin au soir, du jeune au plus vieux, jusqu'à la mamie.
  - 30 baths qui équivalent à 1$.
  - En moyenne 20$ par jour par personne.
  - Plus cher en train qu’en autobus.
  - Beaucoup de touristes.
  - Jamais ferme, toujours vivant même a 5 heure du matin.
  - Les thaïs massages simples ou tout inclus.
  - Des chauffeurs de tuk-tuk honnêtes… humm pas toujours.
  - Des ladies boys qui peuvent être jolis, assez pour s’y méprendre.
  - La prostitution et le tourisme sexuel.
  - Les dépanneurs 7 (seven) eleven.
  - Bouddhiste.
  - 60 000 000 de personnes.
  - La photo du roi Rama IX partout, sur les immeubles, panneaux publicitaires, les billets de banque, dans notre chambre, au resto, dans les toilettes…
  - Les petits villages charmants ou Bangkok la rebelle.
- La jungle et ses montagnes ou les iles de Robinson.
- Chaud et humide.
- Le full moon party et le party.
- La plongée et ses fonds marin multicolore.

Finalement, la Thaïlande c’était… juste le début de notre voyage.

Anik et Mathieu

« Vers l’infini… et plus loin encore! »
Buzz Lighter


P.S : Je crois que l’on commence à manquer de challenge et d’exercice ici. Ceux qui me connaissent bien savent que je me lasse assez rapidement de tout, sauf de ma Poutinette bien sûr… Alors, inspirés par un ami d’Anik, Roger et sa copine Catherine (rogeretcatherine.blogspot.com) et motivés par deux jeunes Québécoises rencontrées à Luang Prabang (merci Marie-Michelle et Justine!) on vient tout juste d’acheter deux vélos de seconde main sur un coup de tête, clochettes inclues. L’idée est de parcourir le reste du Laos, de franchir le Cambodge et d’atteindre le fil d’arrivée avec Hô Chi Minh Ville (Saigon) au Vietnam. Je pense que la bière est trop forte ici. Au moment où vous lisez ces lignes, des kilomètres de routes poussiéreuses du Laos défilent surement sous nos roues...

Hiiiii Haaaaa!!!
Souhaitez nous bonne chance!

jeudi 3 février 2011

Chiang Mai. My love...

8h30 am. Station d'autobus, Chiang Mai...

Je suis dans une file d'attente, assis sur mon fidèle ami  pack-sac. Anik et moi sommes prêts a partir pour Chiang Rai, une ville a la frontière du Laos... Adieu Chiang Mai. Il semble que notre autobus sera en retard, qui de toute évidence semble être une coutume bien pratiquée dans le système de transport thaï. Alors quoi de mieux que de vous écrire? Anik est partie acheter des trucs a manger pour le voyage. A ma droite, un thaï rockeur avec des souliers "converse" n'arrête pas de renifler. Visiblement, il ne connait pas les "kleenex". En face, le vendeur de billets sort sa tête de sa cabine a toutes les deux minutes pour crier des choses qui me sont incompréhensible. Surement qu'il crie: "Quelqu'un aurait des Kleenex pour se jeune homme!!". Mais ça me surprendrait. Comme on a décidé de prendre les autobus du peuple, ils n'ont pas l'habitude de voir des "falangs" (étrangers) attendre avec eux. J'écris donc avec une dizaine de regards dirigés vers mon crayon et moi. Je vais essayer de me concentrer...

Je vous avertis d'avance, dans cet article personne risque de mourir de la maladie, d'un accident de la route ou de toutes autres histoires décousues. On a plutot décidé de prendre ça relaxe cette semaine et de s'installer afin d'essayer de vivre a la thai. Alors belle-maman, tu peux arreter de retenir ton souffle.

Bon, comme je l'ai dit au début on s'apprête a quitter Chiang Mai et comme le titre l'indique, on est tombé en amour avec cette charmante ville universitaire des le moment ou on y a déposé les pieds. C'est très facile et vous vous seriez fait envouter, j'en suis certain. Parfaitement carrée (environ 2 km par 2 km), cette ville d'environ 700 ans est ceinturée par une rivière artificielle et de vestiges d'anciennes fortifications qui autrefois servaient a prévenir d'une possible invasion birmane. Si vous voulez une image, c'est un peu un genre de vieux Québec. Elle est parsemée de vieux bâtiments et de temples dorés avec comme décors: des montagnes. Les chauffeurs de taxi et de tuk-tuk y sont beaucoup moins insistants. Les commerçants y sont beaucoup plus sympathiques et moins agressifs avec les touristes qui eux sont coupés de moitié. On a donc décidé de s'y installer pour le temps restant de notre visa, soit une durée de 10 jours. On a trouvé une perle de chambre a louer dans la maison d'un couple âgé thaï. Cette chambre est vraiment ce qu'on a trouvé de mieux jusqu'à présent.

Mon vélo avait un panier... et une clochette: "Ding! Ding!!!"
Anik fuyant la mélodie de ma clochette...
De plus, on s'est loué deux vélos pour une semaine afin de visiter la ville. Je pense que l'on a jamais fait autant de vélo en une semaine. Par contre, le truc du vélo est a retenir pour les prochaines villes, car il nous a permis de visiter de fond en comble Chiang Mai. Des quartiers riches aux plus pauvres, de la montagne au centre-ville, des highways aux ruelles. Tout a été fait. Au grand malheur d'Anik, mon vélo était aussi muni d'une clochette. J'aime trop les clochettes: "Ding! Ding!". Je pense que j'ai salué, avec l'aide de ma clochette, tout ce qui pouvait être salué: les moines, les étudiants, les commerçants, les chats, les chiens, les coquerelles, les craques de trottoir...   

Chiang Mai était aussi sur notre itinéraire, parce que l'on avait une rencontre de prévue avec un couple sexagénaire retraité québécois habitant Chiang Mai cinq mois par année depuis environ une dizaine d'année. Disons que l'on comprend pourquoi ils habitent cette ville depuis si longtemps. On a été mis en communication avec ce couple par l'entremise d'une amie qui les connait depuis plusieurs années. Merci Marie-Michele de nous avoir fait rencontrer, officiellement, les vieux les plus "cool" de toute notre vie. Je suis certain qu'ils ne seront pas vexés en lisant le mot "vieux", car ils ont le cœur jeune en ta&^$@#!. Merci Claude et Jacline pour cette soirée chaleureuse remplie de confidences, d'anecdotes de voyage, mais aussi pour le cheddar vieilli et le bon vin. Wow, j'ai encore le gout en bouche!

C'est dommage que l'on doive quitter notre nid a Chiang Mai, puisqu'on commençait a aimé notre petite routine. Les commerçants ambulants nous saluaient, on avait notre petit resto pour le café et déjeuner, notre petite madame pour le lavage, notre "chicken lady" et les places les moins cher pour la grosse bière. Bref, on s'y sentait bien, presque chez nous. J'ai aimé cette ville pour la même raison que j'aime Montréal: sa multiethnicité. Ici, cet aspect se traduit par la restauration. Il y a des restos indiens, libanais, italiens, birmans, mexicains... et même des fast-food américains dont un avec de la poutine pour les soirs de brosse! Une bonne excuse pour prendre une bière de trop le soir. Il y a aussi un Chinatown. Je pense que j'oublie rien? Heuu non... C'est vrai, il y a ce fameux irish pub qui diffuse en reprise une multitude de sports pour les backpackers en manque de leur sport favori. Ce qui était en effet mon cas pour le criquet... Hahaha!! Je blague, le hockey bien sur. Que dis-je? Le CH. La découverte de ce pub était tellement hasardeuse. Poutinette et moi jouions a notre jeu habituel qui consiste a marcher, marcher et encore marcher. Ensuite, Poutinette doit trouver le chemin du retour. Comme ma compagne de voyage est dotée d'un sens de l'orientation supérieur a la moyenne, il peut parfois être très long avant que l'on revienne a notre chambre. Par contre, se perdre sous la gouverne d'Anik permet de découvrir des petits bijoux d'endroits comme le irish pub. En voyant que la place diffusait des parties de hockey de temps a autre, Poutinette me dit:
- Comme on est ici pour un bout, tu devrais aller voir quand est le prochain match d'hockey.
- Pas fou, pas fou pantoute! en lui donnant une petite bine d'amour sur l'épaule.
En entrant, une jouissance soudaine me parcourt l'entre-jambe. La lumière produite par l'écran géant m'illumine comme celle de Dieu (petites voix d'anges: Haaaaaa). J'ai l'impression d'être rendu au paradis, suis-je mort? L'heure du jugement dernier est-elle arrivée? Parfois en voyage, je dirais même souvent, le hasard fait tellement bien les choses. Je suis certain que vous l'avez deviné, les Canadiens de Montréal affrontaient les Flyers de Philadelphie. Ils étaient en deuxième période et mon CH perdait 4-0. Ils ont finalement perdu le match 4-2. J'ai jamais été si content de voir mes glorieux perdre un match!

Ce soir la, dans une petite ville de la Thaïlande, en l'espace d'un moment, j'étais entouré par les trois choses qui peuvent rendre un homme heureux: une blonde qui l'aime, une pinte de bière froide et une game du Canadiens. J'ai été deux heures a être silencieux avec un sourire accroché aux lèvres. Je me suis permis une phrase que je n'ai cessé de dire a Compostelle: 
- Ouin... LA VITA E BELLA!

Go Habs go!
Anik et Mathieu
Qui se dirige vers le Laos.