2 poutines en Asie

2 poutines en Asie
Il était une fois Poutine et Poutinette...

mercredi 11 janvier 2012

De poutines à sardines

Darjeeling, West Bengale, Nord-est de l’Inde
Après notre première semaine à vélo, on a atteint notre premier objectif : le pied de l’Himalaya. Ici, à Darjeeling, à environ une centaine de kilomètres du Népal, du Bhoutan et du Tibet, c’est l’hiver (comme vous mes amis) et on se les gèle !!
Cette petite ville coloniale anglaise de 109 000 habitants (les petites villes n’existent pas en Inde…) est construite à 2135 mètres d’altitude sur les deux versants abruptes d’une montagne. On oublie rapidement le froid, car les paysages sont superbes. Charmants. Magnifiques. À couper le souffle! Les velours verts des plantations de thé font la guerre aux sommets blancs enneigés Himalayens. La bataille est spectaculaire. Quelques singes dodus courageux peuplent les arbres gigantesques des montagnes. 
Enchantés par la brume montagneuse, les gongs des Gompas (temples bouddhistes) résonnent dans les vallées. La cacophonie poussiéreuse propre à l’Inde est restée au niveau de la mer pour faire place à l’air pur et au calme. Après le Bangladesh à pied et cette semaine à vélo en Inde, on en avait grandement besoin pour rincer nos poumons. 
 
Les influences Tibétaines et Népalaises se font facilement sentir. Les habitants aux visages larges et aux yeux bridés ont une peau de cuir durcie par l’altitude et le froid. Les drapeaux multicolores imprimés de prières bouddhistes battants au vent sont les seuls à ne pas être figés par le froid.
Nous, on loge dans le grenier d’une sympathique petite famille pour la modique somme de 4$ la nuit. C’est superbement rudimentaire. Des chandelles pour parer aux multiples pannes de courant, des tonnes de couvertures pour compenser l’absence de chauffage et des sots d’eau bouillie par le feu en guise de douche chaude. Disons que c’est sans difficulté que l’on déconnecte de ''notre'' monde. Par la fenêtre, on aperçoit le troisième plus haut sommet du monde, le Lhotse (8501m). 






Des vieillards, dégustant leur chaï (thé) sur un banc de bois, nous disaient que quand la brume, maîtresse des montagnes, se sent clémente, elle laisse parfois percevoir l’Everest, là où le soleil se couche. Je sais que je me répète, mais (désolé pour les oreilles sensibles!) host%# de cali%#$ que c’est beau. Je vous laisse juger par vous-même…
 
Par contre, ce moment zen montagneux fut précédé d’un moment de vélo assez fort intense en adrénaline.
C’était par un petit matin frais que l’on appréhendait la dernière journée de notre première étape. Le genre de matinée où tu peux passer cinq minutes devant tes shorts et tes pantalons sans vraiment savoir lequel serait idéal pour la température; le genre de matin que tu te reprends à deux ou trois reprises pour vérifier si c’est vraiment de la steam qui sort de ta bouche ou même le genre de matin que… En tout cas, vous avez compris là! La veille, par mesure de précaution, j’avais demandé à un vieillard si c’était réaliste d’affronter ce parcours abrupt. Sa réponse; un hochement de tête gauche droite tel un bubble head. Ces Indiens ont se dandinement de tête qui vous laisse toujours perplexe. Voulait-il dire oui… peut-être… ou non, gang de malade?!
Le lendemain, gonflé à bloc, on prend la réponse qui nous convient et on part.
Après deux heures et seulement 15 kilomètres de faits, on saisit son dandinement… Maudit dandinement. On avait oublié que dans le mot Himalaya, il y avait le mot… Himalaya! On avance lentement et difficilement sur les routes en serpentins, mais le spectacle des montagnes en vaut la peine et la motivation tient la route.
Jusqu’à ce que cette charmante paysanne ait pitié de nous et nous informe que :
- Youbadi bada acha belle route d’asphalte… Takalidadi bacha   tremblement de terre dayadi baboum!!! Teli kachaya capoute la route…
- On fait quoi nous autres d’abord ?! dit Anik.
- Dagadi vieille route secondaire, achapi badi laki… Hahahaha !!! s’esclaffe-t-elle en dandinant de la tête. 
Ça fait cinq minutes que l’on escalade la route à côté de nos vélos sans même donner un coup de pédale. On s’ennuie vite de la belle chaussée asphaltée. Il faut se rendre à l’évidence, ce chemin de merde n’est aucunement cyclable! Il va falloir prendre un des nombreux jeeps qui circulent depuis ce matin.
Un jeep s'arrête. Le conducteur a pitié de nous, mais nous fait signe qu’il est plein. Croyez-moi il est plein! On n’a pas le temps de compter, mais à voir les visages écrasés dans les fenêtres, on le croit. Il repart désolé et s’immobilise à peine dix mètres plus loin. Un passager descend et nous invite finalement à embarquer. Abasourdi et hésitant à la fois, on saisi… la chance. Sans avoir le temps de les remercier. Vlim! Vlam! Bing! Bang! Nos vélos et nos bagages sont déjà sur le toit du véhicule. Ça, c’est la magie indienne mes amis… Il n’y a pas moyen d’essayer de les aider à placer NOS vélos sur le toit.
- No, no, no my friends, you are my guests!
Assis dans le… non! Compressés dans le jeep, je prends le temps de compter les sardines. 1… 2… 3… 8… 11… 13… 14 passagers. Je le jure sur la tête de Paul Houde, quatorze passagers!!! Poutinette et moi sommes empoutinés à l’arrière du jeep avec trois autres sardines. On passe d’inconnus à vraiment proche. Un bébé est assis sur les genoux de sa petite sœur qui elle est assise sur ceux de sa mère. Pis encore, (je le jure sur la tête de Stephen Harper…) un grand-père semi lucide est allongé sur les genoux de tout le monde. Le conducteur, lui, a la fesse droite dans le vide entre la portière et sa banquette. Il doit ouvrir sa fenêtre pour sortir son épaule et son bras qui tient le volant.
Route détruite par le temps, véhicules venants à sens contraire sur une voie simple, tournants serrés à flan de falaises et sans parler de la vitesse. Le type de conditions où j’aurais baissé le volume de la radio et crié à mes passagers : ''Shut! Je dois me concentrer…'', mais pas en Inde. Aucunement stressé, le chauffeur est au cellulaire et demande au gamin qui a le bras de vitesse dans l’entrejambe de changer les vitesses. Ce fut comme ça pendant trois heures et demie.  
Cliquez pour agrandir.
Morale de l’histoire. La prochaine fois qu'on ouvrira une boîte de sardines, on sera beaucoup plus compatissant…
Anik et Mathieu

mercredi 4 janvier 2012

Un an

Delhi, Inde

Ouin bien, c’est ça qui est ça. Déjà un an… Heinnn, PAS UN AN ?!?! On n’arrive pas à réaliser que nous sommes parti depuis 365 jours. Il me semble qu’hier on disait au revoir à notre famille et à nos amis à l’aéroport. Aujourd’hui, pour vous, le 4 janvier 2012 signifie peut-être le retour au travail (travail? ça me dit quelque chose ce mot là?!), mais pour nous c’est le dernier chapitre d’une histoire de fou qui s’amorce. Ouin, déjà un an…

Un an à se promener en babouche.
Un an à faire notre lavage sous la douche.
Un an à stresser pour ne pas toucher les murs crottés de la douche…

Un an à manger du riz…
Un an à aller voir nos courriels en espérant que quelqu’un nous ait écrit.
Un an à se demander, ''Est-ce qu’elle est propre cette toilette sur laquelle je suis assis?''.

Un an à défaire et refaire notre fidèle sac à dos de la même manière.
Un an sans parler la langue de Molière.
Un an à se demander : ''Qu’est-ce que j’ai fait hier ?''.
Maudite bière…

Un an à jouer avec différentes "money".
Un an à "dealer".
Un an à se faire "crosser".

Un an à remarquer les différences.
Un an à remarquer les ressemblances.
Un an à prendre des chances…

Un an à se poser des questions.
Un an à se remettre en question.
Un an à apprendre à se connaître…

Un an avec différents alcools à déguster et… régurgiter.
Un an à tout essayer… je dis bien tout ce que l’on nous offre à bouffer.
Un an sans viande hachée…

Un an sans papier de toilette.
Un an sans se demander ce qu’on va mettre.
Un an à sentir nos bobettes…
pour savoir si elles sont ''nettes".
Un an sans Sylvain Cossette…

Un an sans danser.
Un an sans hockey.
Mais… un an à voyager!

Un an à observer et se faire observer.
Un an sans intimité.
Un an à s’aimer, s’endurer et… se détester.

Un an à dire oui à la vie.
Un an à dire "NON !!'' à tous les vendeurs de cossins.
Un an à dire à nos proches : "on ne sait pas quand on revient"…

Un an sans cadran.
Un an sans notre maman.
Un an à rencontrer des personnages des plus extravagants.

Un an à apprendre.
Un an à penser tout haut sans que personne puisse nous comprendre.
Un an à dire "Salut !", "Merci.", "Ça va?" et… "Poulet?!" dans une autre langue.

Un an à errer de villes en bidonvilles.
Un an à s’écraser dans les îles.
Un an à se jouer dans le nombril.

Un an à vivre notre rêve.
Un an à rêver notre futur.
Un an à vivre d’aventures.

Un an à fuir la routine
Un an sans manger de la poutine.
Un an sans vos Poutines…

Vous nous manquez,
Mais on n’a pas le temps s’ennuyer.
Merci mille fois pour votre fidélité !!

Poètement,
Anik et Mathieu


(Cliquez sur la photo pour agrandir)
Agra en Inde devant le Taj Mahal.


Bonne Année!!!