2 poutines en Asie

2 poutines en Asie
Il était une fois Poutine et Poutinette...

vendredi 17 juin 2011

Mission - Myanmars

Al…… Allo? Un, deux…. ALLO ?!?!.......

- Anik, je pense que j’ai un contact!!!

...... Québ…. Québec? Vous…. nous rece…. vez?........... Un, deux…. Un, deux…. Ici Pouti…. et Poutinette. L’atterrissage s’est bien déroulé……. Merde!……On …. On vous perd...... La con….xion est très…. lente ici. On monte sur le toit et on revi……..
Allo?!... Non.
- Poutinette, essaye de lever la broche de métal plus haut.
- Bin là, je suis à bout de bras!!
- Je sais pas... Monte sur la chaise, juste là!!
- Ok! bouges pus!
Ça y est, sur le toit de notre guest house de cinq étages, on vous reçoit 5 sur 5! On va tout de même essayer de faire vite, car une masse orageuse se déploie à l’horizon…

Voici nos premières observations de cette planète. Je récapitule. L’atterrissage sur Myanmars (la terre y est vraiment rouge-orange) s’est bien déroulé. L’air imprégné de dioxyde de carbone et d’odeur de diesel est tout de même respirable pour les terriens. Nos premiers pas dans Yangon, la métropole et ancienne capitale, furent assez déstabilisant. Les trottoirs sont parsemés de cratères et de coulis rouges. Bizarrement et appétissant, l’eau des rivières semble être du lait au chocolat… On s’attendait à voir un peuple aux yeux bridés comme le reste de l’Asie du sud-est, mais sa proximité avec l’Inde et le Bangladesh nous a vite fait comprendre que l’on n’était plus dans la même région du globe. Une bonne pratique avant de visiter ces deux pays dans quelques mois.

Perché sur mon toit à Yangon, le soleil couchant rougit les nuages gris, le spectacle est beau à voir. Les pointes dorées des pagodes bouddhistes, les mosquées musulmanes avec leur croissant de lune, les temples hindouistes aux milles et une gargouilles et (même) les églises catholiques discrètes vivent en parfaite harmonie dans cette ville. Tout comme dans la seconde métropole Mandalay d’ailleurs. Tous les soirs, la mosquée, qui fait face à notre hébergement, chante le Coran pendant presque une heure. C’est comme avoir sa petite berceuse avant d’aller se coucher, c’est relaxant… Les marchés éclectiques abondent dans tous les sens. L’odeur d’épices, de viandes avariées et de poissons suspendus se débattant pour un dernier souffle se mélange à merveille avec la fumée des cigares que tous fument sans exception, même moi.

Notre premier contact avec le Myanmartien fut fort agréable. Il est accueillant, serviable et d’une gentillesse inouïe. Le fait qu’il ne soit pas visité souvent par le reste de la galaxie a sûrement fort à jouer dans cette attitude chaleureuse. Quand il voit un touriste, il s’organise pour que celui-ci reste ou distribue de bons mots à son égard. Ce pays (planète) est aussi surnommé smily country et c’est vrai que les habitants ont le sourire facile, fréquent et éclatant. Sauf que… leur sourire a quelque chose d’étrange… Il semble presque toujours sortir d’un dixième rounds de boxe. On avait été mis en contact avec la noix de bétel au Laos, mais seulement les femmes d’un certain âge la mastiquaient. Ici, presque tous sans exception, à partir de l’âge de quinze ans, chiquent cette fameuse noix qui tache, d’un rouge éclatant, l’intérieure de la bouche, mais aussi les trottoirs (voilà pourquoi les coulis rouges). À toutes les deux minutes, ils doivent cracher le surplus de salive que la noix leur procure. Tapez ''noix de bétel'' sur google, vous allez comprendre. Quasiment tous les jours, j’entends Poutinette se dégoûter :
- YYYYaaarrkkkk!! Y’a quasiment craché sur mon pied!!!
Je me suis déjà râpé un tibia dans un cratère comme celui-ci!
Après plusieurs lectures de guides de voyage, on nous garantissait, en plus du choc culturel, un voyage dans le temps. Habituellement, ces guides ont tout faux à l’exception de leurs cartes. Pour une fois, ils ont dit vrai… Back in 90’s!! Je n’ai pas vu, jusqu’à ce jour, un véhicule plus récent qu’une Toyota Corolla ou une Nissan Sentra 90. Un chauffeur de taxi nous disait qu’ils ont récupérés les minis taxis bleus, vieux de 47 ans, de l’Inde. En marchant dans les rues, on a aperçu une imprimerie qui fonctionne encore à bras d’hommes. La connexion Internet, on n’en parle même pas. Leur cinéma… Je pense que les effets spéciaux de Watatatow feraient mourir d’envie les réalisateurs d’ici. Pour la musique… Soyez sincère, vous me le diriez si Céline Dion était morte ou avait sorti son Best of ? Car pas moyen d’aller quelque part sans entendre My heart will go on. Je suis sérieux! Dans une boutique de linge, elle joue. Un café, elle joue. Une taverne d’homme, elle joue encore. À ce sujet, j’ai une bonne aventure à vous raconter qui incorpore bien Céline et les vieux bazous 90. Non, j’ai pas vu notre Céline nationale en pantalon de jogging sur le bord de l’autoroute changé un flat après sa vieille Tercel. Malgré que l’image est assez drôle…

16h30, Yangon…

Allez savoir pourquoi, nous sommes en retard pour notre bus de 17h30 en direction de Bagan, la ville archéologique de 3000 pagodes. La station de bus est à 15 km du centre-ville. Pas le temps de prendre le bus de ville, on décide de se prendre un taxi. Le bus de ville est habituellement une aventure en soit, car il n’arrête jamais… il ne fait que ralentir. Tant pis, pas le temps et la pluie commence à sévir. J’arrête le premier bazou-taxi. En s’assoyant dans ce tas de poussière à quatre roues, on remarque qu’il fonctionne au propane (les asiatiques sont les rois du broche à foin) et que la bombonne sert d’appui-tête. Ça promet pour notre ride de 45 minutes. Après 5 minutes, le chauffeur met de la musique : My heart will go on dans le tapis…

Trois My heart will go on plus tard, la pluie fait de plus en plus rage. Il décide, enfin, de fermer les fenêtres. La sienne ferme, celle d’Anik aussi. À mon tour, la poignée pète! Tabar%*&#$... Je reste souriant (l’expérience de globe-trotter rentre de plus en plus dans le corps). Fouetté par les gouttes de pluie, la face toute plissée, le pouce en l’air, je le regarde avec le seul œil que je parviens à ouvrir et je lui dis tremblotant :
- No problem my friend !!!

Deux autres My heart will go on plus tard (à sa défense, le stress de la tempête lui fait oublié la musique), notre chauffeur essuie la buée de son pare-brise avec son journal. Voyant que ça essuie que dalle, il nous regarde avec un sourire jaune et dit à son tour :
- No problem my friends !!!

En plus, ici ils conduisent à droite... dans la voix de droite...  vraiment l'idéal! 
Le niveau de lait au chocolat dans les rues commence à atteindre facilement six pouces. Le niveau de notre stress-o-mètre, lui, commence à poutiner de toé bords. Sur le bord de la route, on voit des autos immobilisées avec le capot ouvert. La courroie de moteur de notre bazou chante plus fort que Céline. Les roues de notre taxi spinent dans l’eau montante. On a l’impression de flotter… À la vue de certains endroits plus profonds que d’autres, notre chauffeur (on pourrait aisément l’appeler capitaine dans ces conditions) embraye en première et fonce. Naturellement, on lève les pieds, car on sait que de l’eau pourrait facilement entrer. Je dois à tout prix sécuriser ma Poutinette. Tout trempé, je lui cris :
- T’inquiète, je suis prêt à aller pousser n’importe quand!!! Essaye de voir ça comme nos tempêtes de neige à nous au Québec…

Les nerfs à vif, on arrive à la station d’autobus sur notre radeau-taxi. Finalement, notre chauffeur en sueur met Céline en veilleuse. Il était temps, car la chanson du Titanic pendant une inondation de la route… C’était assez ironique merci!

Ouin… On l’a eu l’idée de voyager en pleine mousson dans un des pays les plus pauvres de la planète. Qui a dit qu’il n’y avait pas d’eau sur Myanmars

- Merde, les nuages!! On doit vous laisser! La tempête recom….. mence à faire rage…. ici…. Maudite mousson aussi synchronisée qu’une horlo…. Je sais qu’on avait dit à nos proches que l’on ne sortirait pas des sentiers bat….tus, mais les mon… les …montagnes et contrées inexplor… nous titillent trop pour ne voir que les sites touristiques....
- Anik, lâche la broche, tu vas pogner un choc!!


Hooo Shit!!! C’est telleme….. gris! On dirait une torna….

Anik et Ma…..

Poufff…………………………………………………