Salut Viêt Nam,
Je t’écris à la lueur de ce que l’on pourrait appeler… une chandelle. Un tapon de cire poussiéreux qui date de la guerre d’Indochine que j’ai trouvé sous un lit d’une chambre humide d’un guest house bidon dans le fin fond de je ne sais pas trop où. J’en voudrais même pas sur mon gâteau d’anniversaire d’un an! Mais là, maudit que je l’apprécie ma p’tite chandelle. Elle est présentement aussi utile que mon crayon.
Assis sur le bord de ma fenêtre, il n’y a pas que la chandelle qui m’illumine. Il y a aussi la lune… La lune que l’on oublie trop souvent d’après moi. Tout comme la pluie d’ailleurs, mais ça c’est une autre histoire. À moins d’un mètre, TA capitale, Hà Nôi. L’entends-tu? Elle gronde, bourdonne et bizarrement murmure… comme toutes ces villes avec un passé historique : Rome, Paris, Cuzco, Québec. Elles s’agitent toutes hypocritement au couché du soleil ou si tu préfères… au levé de la lune.
Je suis tellement bien actuellement à l’autre bout du monde : la pluie, ma blonde qui dort à mes côtés, mon fidèle pack sac, mon Ipod et rien devant nous. Qu’un simple itinéraire prêt à changer d’un moment à l’autre. Parlons-en de changements. Nous sommes redevenus de simples backpackers, car nous venons tout juste de vendre nos vélos qui nous ont bravement supportés sur un millier de kilomètres. Dure séparation. C’est peut-être con me diras-tu, mais nous avons chacun pleuré lorsqu’il est venu le temps les léguer à leur nouveau propriétaire. À défaut de me répéter, loin de tous ceux que l’on aime, on devient facilement vulnérable aux rapprochements... même matériels.
Par contre, demain matin, un changement plus grand nous attend, la Birmanie ou si tu préfères, le Myanmar. Je vais t’avouer que je me sens un peu nerveux d’aller découvrir ce pays. Tous ce qu’on peut en lire; les mises en garde, son passé tumultueux et les dernières élections anti-démocratiques, le boycott de l’ONU et j’en passe. Tous ça nous effraie un peu. Néanmoins, tout ce qu’on entend n’est que positif. Étant donné que la curiosité est souvent plus forte que la raison et que nous sommes juste à côté, pourquoi ne pas aller y jeter un coup d’œil par nous même? Toi Viêtnam qui est son voisin, que nous conseilles-tu?
Je sais, avec la quantité de touristes qui te fréquentent, tu n’as sûrement rien à foutre de mes confidences. Quoique avant de partir, j’apprécierais bien que tu nous éclaircisses sur quelques interrogations. Car jusqu’à présent, tu es le pays qui nous a le plus déstabiliser. Non pas que tes paysages n’avaient rien à offrir. On n’a presque jamais rien vu d’aussi beau! Ta bouffe est la meilleure que l’on ait goûtée. Et tes femmes, un mot : WOW! C’est ton peuple… il est bizarre. Pas méchant là! Juste bizarre. Par exemple, pourquoi vous vous cachez presque sous la table quand vous vous nettoyez la bouche avec un cure-dent, mais que se fouiller dans le nez en public est tout à fait normal? Pourquoi on se sent toujours à la maternelle dans vos casse-croûtes de coin rue? Je veux bien croire que vous êtes flexible, mais un banc en plastique couleur pastelle de 4 pouces de haut avec la table de 10 pouces. Non et non! C’est pas confortable?! Pourquoi vous avez toujours l’air de vous crier par la tête quand vous vous parlez, chuchotez-vous lorsque vous êtes fâchés? D’ailleurs, a-t-il un prix pour les locaux et les étrangers? Car presque chaque fois que nous demandions le prix d’une bière au bar, d’un repas au restaurant, de fruits au marché, d’une chambre ou même d’un billet d’autobus votre hésitation de 5 secondes avant de répondre nous faisait douter de votre honnêteté. De plus, vous êtes le peuple le plus relaxe au travail que j’ai vu. Les chauffeurs de taxi dorment dans leur auto ou sur leur moto, les vendeuses dorment la face enfoncée dans une pile de jeans, les gars de chantier dorment dans des hamacs. Par contre, sur la route vous êtes tout le contraire. Vous klaxonnez en débiles et sur une lumière rouge chaque centimètre de libre semble un territoire à conquérir. La dernière et celle qui m’a aussi fait travailler ma patiente. Pourquoi à une billetterie quelconque, au restaurant ou à la banque vous faites des tapons et vous vous dépassez mutuellement? Est-ce si difficile de comprendre le concept de ligne d’attente? Cali#%$& que vous m’avez fait sacrer!!!! Dans un train, à l’entrée comme à la sortie, vous vous bousculez et vous dépassez même quand vous avez un numéro de siège assigné en plus. TABAR… que vous êtes bizarre!
On a quand même adoré visiter ton pays, assez pour y retourner. Mais là, il me reste un centimètre de chandelle et à peine cinq heures de sommeille avant de prendre l’avion et d’affronter le Myanmar…
Ciao et sans rancune Viêt!
Anik et Mathieu
PS : J’ai écris ce texte la veille de notre départ, mais je n’ai pu le poster qu’une fois rendu au Myanmar. Pour tous ceux qui nous ont écris et qui étaient inquiets, soyez rassurés. Les Myan‘’martiens’’ sont, jusqu’à présent, très chaleureux.
Je t’écris à la lueur de ce que l’on pourrait appeler… une chandelle. Un tapon de cire poussiéreux qui date de la guerre d’Indochine que j’ai trouvé sous un lit d’une chambre humide d’un guest house bidon dans le fin fond de je ne sais pas trop où. J’en voudrais même pas sur mon gâteau d’anniversaire d’un an! Mais là, maudit que je l’apprécie ma p’tite chandelle. Elle est présentement aussi utile que mon crayon.
Assis sur le bord de ma fenêtre, il n’y a pas que la chandelle qui m’illumine. Il y a aussi la lune… La lune que l’on oublie trop souvent d’après moi. Tout comme la pluie d’ailleurs, mais ça c’est une autre histoire. À moins d’un mètre, TA capitale, Hà Nôi. L’entends-tu? Elle gronde, bourdonne et bizarrement murmure… comme toutes ces villes avec un passé historique : Rome, Paris, Cuzco, Québec. Elles s’agitent toutes hypocritement au couché du soleil ou si tu préfères… au levé de la lune.
Je suis tellement bien actuellement à l’autre bout du monde : la pluie, ma blonde qui dort à mes côtés, mon fidèle pack sac, mon Ipod et rien devant nous. Qu’un simple itinéraire prêt à changer d’un moment à l’autre. Parlons-en de changements. Nous sommes redevenus de simples backpackers, car nous venons tout juste de vendre nos vélos qui nous ont bravement supportés sur un millier de kilomètres. Dure séparation. C’est peut-être con me diras-tu, mais nous avons chacun pleuré lorsqu’il est venu le temps les léguer à leur nouveau propriétaire. À défaut de me répéter, loin de tous ceux que l’on aime, on devient facilement vulnérable aux rapprochements... même matériels.
| Les lunettes dissimulaient nos larmes... |
Je sais, avec la quantité de touristes qui te fréquentent, tu n’as sûrement rien à foutre de mes confidences. Quoique avant de partir, j’apprécierais bien que tu nous éclaircisses sur quelques interrogations. Car jusqu’à présent, tu es le pays qui nous a le plus déstabiliser. Non pas que tes paysages n’avaient rien à offrir. On n’a presque jamais rien vu d’aussi beau! Ta bouffe est la meilleure que l’on ait goûtée. Et tes femmes, un mot : WOW! C’est ton peuple… il est bizarre. Pas méchant là! Juste bizarre. Par exemple, pourquoi vous vous cachez presque sous la table quand vous vous nettoyez la bouche avec un cure-dent, mais que se fouiller dans le nez en public est tout à fait normal? Pourquoi on se sent toujours à la maternelle dans vos casse-croûtes de coin rue? Je veux bien croire que vous êtes flexible, mais un banc en plastique couleur pastelle de 4 pouces de haut avec la table de 10 pouces. Non et non! C’est pas confortable?! Pourquoi vous avez toujours l’air de vous crier par la tête quand vous vous parlez, chuchotez-vous lorsque vous êtes fâchés? D’ailleurs, a-t-il un prix pour les locaux et les étrangers? Car presque chaque fois que nous demandions le prix d’une bière au bar, d’un repas au restaurant, de fruits au marché, d’une chambre ou même d’un billet d’autobus votre hésitation de 5 secondes avant de répondre nous faisait douter de votre honnêteté. De plus, vous êtes le peuple le plus relaxe au travail que j’ai vu. Les chauffeurs de taxi dorment dans leur auto ou sur leur moto, les vendeuses dorment la face enfoncée dans une pile de jeans, les gars de chantier dorment dans des hamacs. Par contre, sur la route vous êtes tout le contraire. Vous klaxonnez en débiles et sur une lumière rouge chaque centimètre de libre semble un territoire à conquérir. La dernière et celle qui m’a aussi fait travailler ma patiente. Pourquoi à une billetterie quelconque, au restaurant ou à la banque vous faites des tapons et vous vous dépassez mutuellement? Est-ce si difficile de comprendre le concept de ligne d’attente? Cali#%$& que vous m’avez fait sacrer!!!! Dans un train, à l’entrée comme à la sortie, vous vous bousculez et vous dépassez même quand vous avez un numéro de siège assigné en plus. TABAR… que vous êtes bizarre!
On a quand même adoré visiter ton pays, assez pour y retourner. Mais là, il me reste un centimètre de chandelle et à peine cinq heures de sommeille avant de prendre l’avion et d’affronter le Myanmar…
Ciao et sans rancune Viêt!
Anik et Mathieu
PS : J’ai écris ce texte la veille de notre départ, mais je n’ai pu le poster qu’une fois rendu au Myanmar. Pour tous ceux qui nous ont écris et qui étaient inquiets, soyez rassurés. Les Myan‘’martiens’’ sont, jusqu’à présent, très chaleureux.














