2 poutines en Asie

2 poutines en Asie
Il était une fois Poutine et Poutinette...

samedi 19 mars 2011

Chapeau Phnom Penh, Chapeau!

(Je suis désolé, mais internet était trop lent pour mettre des photos...)

Au début, on allait au Cambodge, parce que c'était sur notre itinéraire et tant qu’à être à coté de ce pays, pourquoi ne pas y aller ? Alors, on y est allé. Disons que ce n'est pas le temps qui nous manquait... À vrai dire, notre seule motivation pour y aller était ce fameux temple d'Angkor qui fait la fierté du peuple Khmer (les Cambodgiens). Avant d'arriver a Siem Reap, la ville ou se trouve le temple, il fallait passer par la capitale Phnom Penh. Encore une fois, vos Poutines préférées y allaient avec hésitation. Par contre, avant de poursuivre, j'aimerais ouvrir une parenthèse (ici, vous pouvez prendre la voix de Charles Tisseyre, l'animateur de l'émission Découverte, afin de rendre mon texte plus crédible). Il faut comprendre qu'il y a à peine 30 ans, de 1975 a 1979, les Khmers Rouges avec a leur tête le dictateur Pol Pot et ses acolytes, appelons-les Cric, Crac et Croc (désolé, j'ai toujours de la difficulté a retenir les noms asiatiques...) ont renversé le gouvernement en place pour imposer leur régime communiste extrême. Leur idée première, rendre le pays autosuffisant et indépendant, sortir l'impérialisme américain, sans cesse grandissant suite à la guerre du Vietnam, de leur culture et de leur économie et repartir a zéro. Leur premier coup d'état fut d'évacuer tous les grands centres urbains, dont Phnom Penh. Imaginez une ville de 1.5 millions d’habitants du jour au lendemain complètement vide. Du coup, les Khmers Rouges évitaient les regroupements et les émeutes. Ensuite, emprisonner, torturer et tuer les membres de l'ancien gouvernement et ses militaires. Après, ce fut le tour des intellectuels (médecins, professeurs, universitaires...), des étrangers et des artistes trop américanisés. Dites-vous que chaque fois qu'ils tuaient un homme, ils tuaient la femme et les enfants de celui-ci afin d'éviter une future vengeance. Bien structurés, mais dément non?! Ce sont les Vietnamiens qui ont mis fin à ce massacre de quatre ans. Au total, plus de 2 millions de morts et un pays démuni de toutes technologies, de banques et d'amphithéâtres, puisque tout avait été démoli pour la remise a zéro. Fin de la parenthèse (et de Charles Tisseyre). Voilà pourquoi nous y allions à reculons. On s’attendait à voir un peuple sur ses gardes, une ville morose sans émotion encore traumatisée. Par contre, nous y avons trouvé beaucoup mieux...

À Phnom Penh au Cambodge, tout le monde a le sourire aux lèvres, les gens sur leur moto, les vendeurs ambulants, les employés a l'entretient de la ville (ce n'est pas nos cols bleus de Montréal qui nous enverraient la main en souriant), même les chauffeurs de tuk-tuks qui sont jusqu' à présent les plus insistants gardent le sourire quand on refuse leur service, il y a aussi les gardes de sécurité qui somnolent avec le sourire. Parlons-en des gardes de sécurité. À Phnom Penh au Cambodge, il y en a partout. Des gardes pour un salon de coiffure, pour un coin de rue, un garde qui garde un autre garde qui lui garde une poubelle ou quatre gardes qui ''surveillent'' une bouteille de whiskey. À Phnom Penh au Cambodge, la ou traverser la rue est un art. Pour notre part, on adopte la technique "inspire, traverse, expire". C'est très important de toujours garder la même cadence et les véhicules se chargent de t'éviter. À Phnom Penh au Cambodge, rouler à sens inverse dans un sens unique est chose normale. À Phnom Penh au Cambodge, les trottoirs sont soit envahis de marchants ou de véhicules stationner... alors on marche dans la rue! À Phnom Penh au Cambodge, on porte le casque a moto. À Phnom Penh au Cambodge, tu retires et payes en dollars US et on te remet le change en riel, un vrai casse-tête. À Phnom Penh au Cambodge, tout le monde se touche. Il ne faut pas se surprendre de voir deux hommes marcher main dans la main, de voir une gang de jeunes s'agripper par le cou ou se tenir la cuisse ou qu'une poignée de main s'éternise pendant une minute. À Phnom Penh au Cambodge, les gens ne dansent pas seulement dans les clubs... mais sur la place publique ! Il y a une sorte de Grande Allée, héritage de la colonisation française, ou les gens se réunissent par centaines pour se déhancher sur des chorégraphies de danse aerobique, traditionnelle et de hip-hop plus que surprenantes. À Phnom Penh au Cambodge, on joue, peu importe le jeu ou l'age, on joue. C'est beau à voir. Bref, Phnom Penh tu nous as surpris et même conquis. Je commence à cumuler plusieurs villes dans mon sac à dos et je peux vous assurer que cette ville respire l'harmonie. Comme dirait un certain Jacques Demers: "Chapeau Phnom Penh, chapeau !''. Vous vous êtes bien relevés, assez pour en faire rougir de honte Pol Pot pour vous avoir tant méprisé.

...

Là, vous devez vous dire: ''c'est bien beau tes histoires de Phnom Penh au Cambodge, mais qu'est-ce qu'il se passe avec votre trip a vélo ?!''  Ouin... nos plans ont un peu changé depuis la dernière fois que je vous ai écris. On a bel et bien fait la traversée du Laos a vélo. Par contre, on a laissé ceux-ci à la frontière Laos-Cambodge dans les Quatre-milles-Iles chez M. Pow... M. Pow ?!?! Oui, oui, M. Pow ! En plus d'avoir complètement décrochés de tout dans les dernières semaines, internet était soit dispendieux, lent ou complètement absent des villages. Je vais donc m'efforcer de vous faire un résumé-sprint des trois dernières semaines. À vos marques. Prêt. Partez!

On est parti de Vientiane au Laos. Notre première journée fut la plus éprouvante de toutes. 81 km dont 70 sur des chemins secondaires de terre rouge. On était méconnaissable à la fin de la journée tellement la poussière nous maquillait. Anik a pleuré. J'ai voulu abandonner. Nos mains et  postérieurs furent en feu pour les trois jours suivants. On a roulé sous des 35-40 degrés sans aucun ombre à l'horizon à l'exception des quelques petits villages isolés. On a eu des coups de soleil. Des chiens ont essayé de goûter nos mollets, surtout ceux de Poutinette qui roule habituellement moins vite. Pour se venger... on a mangé du chien ! C'est délicieux, sauf que la peau est comme du cuir, pas mangeable ! Tous les gamins nous saluaient, essayaient de nous rattraper a vélo. Par contre... on n’a pas mangé d'enfants. Après quatre jours de vélo sans arrêt, on est resté coincé dans un petit village pendant quatre jours sans le sou. Deux pour attendre que la banque ouvre. Une fois la banque ouverte et de l'argent en main, on s’est fait voler notre portefeuille. Un autre deux jours pour que la police finisse par le retrouver... sans argent ! En attendant, on s'est fait des amis qui se sont bien occupés de nous. Ils nous ont appris à jouer à la pétanque (héritage français encore une fois), à boire à la façon Laotienne et à manger du rat qui est beaucoup moins goûteux que le chien. Une fois le plein d'argent refait, adieu M. le maire, adieu M. le shérif et surtout adieu à notre petite gang de Lao. Comme des mercenaires, il fallait reprendre notre routine de 75km de vélo plus 25km de boite de pick-up afin de rattraper les kilomètres et le temps perdu afin de se soumettre à notre visa. On a fait du pick-up avec de la ferraille, des poules, un cochon... Le cochon était vraiment sympathique! Plus les kilomètres défilaient sur l’odomètre, plus les litres de sueur s’écoulaient et le gras se dissipait. Sous le regard amusé de Poutinette, je me suis baigné dans le Mékong, brun, crotté avec se qu’on pourrait appeler au Québec des ''p’tits christ'' qui en avaient dans le nez.

Finalement, après avoir parcouru 575 km en huit jours plus les quatre jours coincés à Vieng Kham, on a atteint le sud du Laos et ses paradisiaques Quatre-Milles-Iles, un archipel sur le Mékong dont seulement 3 îles y sont habitées. On s’est loué un bungalow à 3,75$/jour et on est resté 10 jours sur Don Det (île Det). Et là, on a relaxé, fait du hamac, lu, on s’est baigné… avec des buffles, regardé des couchés de soleil, et on a relu, refait du hamac. Vos poutines se sont gravement empoutinnés dans la graisse de poutine. J’ai fait de la trail en bicycle comme quand j’avais 10 ans. J’ai analysé des fourmis travailler sur leur nid et, moqueur, je leur ai dit :
            - Haaaa !! Ce qu’on est bien en vacance !! Tout en m’étirant.
 Entre-temps, Anik est tombée malade trois jours et ça m’a permis de rencontrer M. Pow, un propriétaire de bungalow et d’un resto bar. Il m’a offert des comprimés pour Anik, puisqu’il n’y avait pas de pharmacie sur l’île (il n’y a même pas de route et d’automobile, encore moins une pharmacie). Anik a guérit. Pour le remercier, on a fait un pâté chinois sans ingrédient du pâté chinois à Pow et sa famille. Évidement, le grand-père avec 3 dents dans la bouche a voulu fêter ça. Il nous a regardé et nous a dit :
- Heu euh heu, heu?! En sortant son whiskey Lao, celui avec un serpent et un scorpion dedans.
Le party a poigné ! Le lendemain, on a repris cela avec un fettucini alfredo fait de fromage ''La vache qui rit''. Je soupçonne Pow d’être tombé en amour avec… le pâté chinois, car il nous a offert de travailler pour lui gratuitement en échange du bungalow et de la bouffe. Je pense qu’il ne s’attendait pas à ce que l’on réponde par l’affirmative aussi rapidement. Donc, après notre visite éclaire de deux semaines au Cambodge, ce sera un retour au travail. Ce sont les fourmis qui vont rire de moi à présent ! Anik sera dans la cuisine avec sa fille et moi avec Pow et son fils à l’entretien. Il projette aussi un agrandissement de sa terrasse. YEAH!!

Désolé pour mon texte interminable. Cependant, vous savez maintenant pourquoi on était discret ces derniers temps. Vous nous avez manqué, mais on n’a pas eu le temps de s’ennuyer…

Vive le pâté chinois!
Anik et Mathieu


PS : C’est moi ou quand on dit Phnom Penh, c’est comme quand on dit pneu? Ça chatouille dans le nez…